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ASSURER UN ACCÈS AUX SOINS POUR TOUS, PARTOUT SUR LE TERRITOIRE

DES PROFESSIONNELS DE SANTé, BIEN ACCUEILLIS ET FORMéS

Nos solutions pour former un nombre suffisant de médecins, d’infirmiers et d’aides-soignants en réponse aux besoins de soins de la population

PROPOSITION #14

Former et recruter massivement les soignants dont la France a besoin

Le constat

La France manque de soignants. Notre système de santé s’épuise : surcharge des équipes, difficultés de prise en charge, découragement des professionnels, perte d’attractivité des métiers du soin, vieillissement de la population avec 10 à 15% d’effectif partant à la retraite dans 5 ans. Cette situation n’est plus soutenable.

Si rien ne change, la pénurie de soignants deviendra l’un des principaux facteurs de rupture de notre système de santé. À l’inverse, la France peut faire des métiers du soin une grande cause nationale et bâtir une véritable société du soin, fondée sur la formation, la montée en compétences et l’attractivité des carrières.

Nul n’a besoin d’un énième rapport, mais de moyens.

 Notre proposition

La FHP porte le lancement d’un grand plan de formation et de recrutement d’envergure de professionnels soignants pour répondre aux besoins massifs à venir. Ce plan est essentiel pour déterminer les quotas de formation en région et les places de formation correspondantes en instituts de formation infirmière et aide-soignante.

Par ailleurs, modernisons les parcours professionnels en développant des blocs de compétences validants, permettant l’exercice d’actes intermédiaires dans un cadre sécurisé, contribuant à résorber les tensions en ressources humaines et à accroitre l’attractivité des métiers du soin.

Enfin, face aux changements induits par l’intégration du numérique et de l’intelligence artificielle dans les établissements de santé, anticipons la transformation des métiers tant dans une approche organisationnelle que de fidélisation des professionnels.

La preuve par l’exemple

10% des postes d’infirmières/infirmiers et d’aides-soignantes/aides-soignants ne sont pas pourvus de manière pérenne en CDI dans le secteur sanitaire et le besoin en recrutements est a minima de 100 000 professionnels dans le secteur de la santé au sens large. Cette situation s’inscrit dans un contexte de nouveaux modes d’exercice : temps partiel, mixité des pratiques…

Elle porte préjudice aux établissements de santé dans l’accomplissement de leurs missions et fragilise la continuité et la pérennité de l’offre de soins sur les territoires. Il convient donc de former beaucoup plus de paramédicaux pour couvrir les besoins et répondre aux nouvelles aspirations des professionnels quant à leur mode d’exercice. L’objectif est de doubler le nombre de nouveaux professionnels formés. Tous les établissements de santé doivent contribuer à cet effort, via l’alternance. Les branches de la santé privée, réunies au sein de l’OPCO Santé, ont formé 23 000 parcours qualifiants en 2025, avec des perspectives de monter à 28 000 en 2026. A la suite de la révision législative d’octobre 2025 supprimant le dispositif PRO-A et aux restrictions budgétaires sur l’apprentissage et les contrats de professionnalisation, ces secteurs vont finalement perdre 10 000 parcours qualifiants. La France ne peut pas appeler à former davantage de soignants tout en réduisant les moyens permettant de les former.

Documents à l’appui

Statistiques de la Dares de 2023

 La profession infirmière est le cinquième métier le plus en tension en France et la pénurie a doublé en quelques années. Les métiers d’infirmiers et d’aides-soignants sont en tension dans plus de la moitié des régions.

Rapport de France Stratégie de mars 2022 : Les métiers à l’horizon 2030

 Les infirmiers, sages-femmes et aides-soignants figurent parmi les trois métiers les plus créateurs d’emploi.

 

Les leviers de la réussite

  • Considérer la santé comme un secteur stratégique bénéficiant d’un régime d’exception, en faisant en sorte que les métiers du soin soient prioritaires dans les arbitrages en matière d’apprentissage et de formation ;
  • Assigner aux établissements de santé une mission pleinement reconnue de formation, avec les financements associés ;
  • Partager l’effort de formation nécessaire entre l’Etat, les établissements de santé et les Régions, pour permettre l’accueil de stagiaires et d’apprentis supplémentaires en établissements de santé, et un soutien aux écoles d’infirmiers et d’aides-soignants (IFAS et IFSI) du secteur ;
  • Construire une gestion prévisionnelle pluriannuelle des besoins en professionnels de santé, paramédicaux et médicaux, spécialité par spécialité ;
  • Promouvoir une vision pluriannuelle des budgets de la formation pour piloter des objectifs de formation de professions médicales et paramédicales, en adéquation avec les besoins identifiés ;
  • Faciliter les passerelles entre les métiers pour des parcours professionnels attractifs et pour un cadre sécurisé pour les patients ;
  • Scinder les parcours diplômants en blocs de compétences, permettant de favoriser les délégations d’actes entre professionnels et de répondre aux besoins des patients dans un cadre de travail motivant ;
  • Repenser les métiers au travers
    des potentialités offertes par le numérique et l’intelligence artificielle, à travers une adaptation des formations et une vision prospective des compétences requises.

PROPOSITION #15

Universitariser les établissements de santé privés pour créer un véritable continuum de formation, de recherche et d’innovation

Le constat

La France dispose d’un système hospitalo-universitaire d’excellence, mais celui-ci demeure largement construit autour des seuls centres hospitaliers universitaires et établissements publics.

Pourtant, les établissements de santé privés assurent une part essentielle de l’activité de soins dans de nombreuses spécialités, disposent de plateaux techniques de premier plan, accueillent déjà des internes dans certaines disciplines et participent à la recherche clinique.

Malgré ces atouts, ils restent largement exclus des missions universitaires : accueil limité des étudiants, absence de chefs de clinique, faible participation aux parcours doctoraux, difficulté à développer des équipes mixtes d’enseignement et de recherche.

Cette organisation ne correspond plus à la réalité du système de santé. Elle prive les universités de nouvelles capacités de formation, freine le développement de la recherche clinique et entretient un cloisonnement entre secteurs public et privé qui n’a plus de justification lorsque les exigences de qualité sont identiques.

La France doit désormais reconnaître que l’excellence hospitalo-universitaire peut s’appuyer sur l’ensemble des établissements de santé capables de remplir les mêmes missions d’enseignement et de recherche.

 Notre proposition

Créer une labellisation de site hospitalier universitaire partenaire, permettant à des établissements de santé privés répondant aux critères scientifiques et pédagogiques de devenir des composantes de l’université publique pour certaines activités.

Ces établissements accueilleraient : des externes, des internes, des chefs de clinique-assistants, des assistants hospitalo-universitaires, des doctorants, des équipes de recherche clinique labellisées.

L’objectif n’est pas de créer des universités privées de médecine, mais d’étendre les capacités hospitalo-universitaires de l’université publique en s’appuyant sur les meilleurs établissements, quel que soit leur statut juridique.

Cette réforme permettrait de constituer, autour des universités et des CHU, de véritables réseaux hospitalo-universitaires territoriaux associant établissements publics et établissements de santé privés.

La preuve par l’exemple

L’Australie montre qu’il est possible d’associer pleinement les établissements de santé privés à la formation universitaire. À Brisbane, le Greenslopes Private Hospital est intégré au dispositif de formation de l’Université du Queensland. Les étudiants y réalisent leurs stages, les médecins exerçant dans l’établissement assurent des missions d’enseignement avec des nominations académiques, et l’hôpital privé participe activement à la recherche clinique. Ce modèle permet d’augmenter les capacités de formation sans créer de nouvelles structures hospitalières, tout en renforçant les liens entre université, recherche et offre de soins.

Documents à l’appui

Trois rapports publics appellent à faire évoluer notre modèle de formation médicale

Le rapport de l’IGAS sur le troisième cycle des études médicales (2018) souligne la nécessité d’augmenter les capacités de formation clinique et de diversifier les terrains de stage. La Cour des comptes rappelle dans son rapport « Les établissements de santé publics et privés, entre concurrence et complémentarité » (2023) que les établissements de santé privés constituent un acteur majeur de l’offre de soins. Leur contribution au système de santé justifie qu’ils puissent participer davantage à la formation des futurs professionnels. Enfin, les travaux de l’IGAS consacrés à l’universitarisation des formations en santé montrent que le rapprochement entre les missions de soins, d’enseignement et de recherche constitue un levier essentiel pour renforcer la qualité des formations et développer la recherche clinique.

Les leviers de la réussite

  • Lancer une expérimentation pilote de sites hospitaliers universitaires privés sur certains services avec quelques établissements privés répondant à des critères exigeants ;
  • Opérer un rapprochement entre le ministère de l’Enseignement supérieur et le ministère de la Santé sur la formation médicale ;
  • Œuvrer avec les Doyens de faculté à lever les blocages freinant l’accueil des internes dans le privé ;
  • Rendre enfin effectif l’accueil des étudiants dans les établissements privés : prédéfinir un taux cible de 20% de terrains de stage d’accueil d’internes en médecine et en pharmacie ;
  • Garantir une représentativité équilibrée du secteur privé dans les commissions de subdivision ;
  • Accompagner financièrement les terrains de stage privés à l’instar des hôpitaux publics ;
  • Permettre aux établissements de santé privés d’accueillir des internes d’autres pays de l’Union européenne dès lors qu’ils disposent d’un agrément de terrain de stage ;
  • Autoriser les établissements de santé privés à accueillir des médecins à diplôme hors Union Européenne (PADHUE) qui n’ont pas encore validé leurs épreuves de vérification des connaissances et de recruter directement des PADHUE titulaires des EVC, dans le cadre de leur parcours de consolidation des compétences.

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