Santé 2027

le devoir d’agir

Élection présidentielle 2027
Les propositions des cliniques et hôpitaux privés

GARANTIR LA SOUTENABILITÉ
DE NOTRE SYSTÈME DE SANTÉ

Pour une loi de programmation en santé

Notre solution pour transformer durablement le système de santé

PROPOSITION #01

Adopter une loi de programmation en santé pour donner enfin à notre système de santé et à ses acteurs une vision pluriannuelle

Le constat

Le système de santé français est piloté dans une logique annuelle, essentiellement comptable et court-termiste. Les Lois de financement de la sécurité sociale en sont l’illustration. Cette gestion au fil de l’eau empêche d’anticiper les besoins, de planifier les investissements et de conduire les transformations nécessaires. Les acteurs de santé évoluent sans visibilité durable sur leurs moyens et leurs priorités. Aucun secteur stratégique ne fonctionne sans cap pluriannuel.

 Notre proposition

Adoptons une véritable loi de programmation en santé fixant, sur cinq ans, les priorités de santé publique, les objectifs de transformation du système de soins ainsi que la trajectoire des moyens humains, matériels et financiers nécessaires. Cette loi permettra de donner enfin de la stabilité et de la visibilité aux acteurs de santé afin de leur permettre d’investir, d’innover et de transformer durablement l’offre de soins. Cette vision pluriannuelle doit s’accompagner du renouvellement du protocole de pluriannualité des ressources signé en 2020 entre l’État et les Fédérations hospitalières. Il s’agit d’une condition sine qua non à la transformation en profondeur de notre système de santé et à sa soutenabilité, au maintien de la confiance et de l’engagement des acteurs. En responsabilité, les Fédérations hospitalières souhaitent porter dans ce cadre des engagements forts en termes de pertinence des parcours et des soins, de prévention et de formation des professionnels de santé. L’objectif est clair : passer d’une logique de gestion annuelle des dépenses à une véritable stratégie nationale de santé.

La preuve par l’exemple

La France a déjà fait le choix de lois de programmation dans des secteurs considérés comme stratégiques pour la Nation. La loi relative à la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 fixe les orientations relatives à la politique de défense française, trace une trajectoire de programmation des moyens militaires, précise les orientations en matière d’équipement des armées et les traduit en besoins financiers. Dans un contexte géopolitique instable et imprévisible, elle vise à garantir l’autonomie stratégique du pays. On peut également citer la Justice ou encore l’Intérieur. La santé étant également une politique publique essentielle à la Nation, représentant 12% du PIB, elle doit bénéficier d’une telle logique pluri-annuelle dans les meilleurs délais. L’Etat doit donner des orientations claires qui flèchent les énergies au service de la santé.

Documents à l’appui

Rapport HCAAM de juin 2025 : Les leviers d’action pour un système de santé efficient et solidaire

 Il convient de passer d’une programmation pluriannuelle incantatoire à une programmation stratégique, qui ne soit pas seulement budgétaire et  d’élaborer, dans un cadre interministériel, une trajectoire à cinq ans des objectifs, activités et ressources du système de santé. Les objectifs de santé et de transformation de l’offre de soins à l’horizon de cinq ans et la programmation des moyens humains, matériels et financiers pour atteindre ces objectifs doivent être présentés dans un document unique, unifiant les textes existants. Le HCAAM propose  une loi de programmation, de santé publique, pluriannuelle permettant de bâtir une régulation budgétaire plus juste.

Rapport de la Commission d’enquête de l’Assemblée Nationale de juillet 2025 : L’organisation du système de santé et les difficultés d’accès aux soins

 Créer une loi de programmation relative aux besoins de santé permettra au Gouvernement de traduire plus clairement ses priorités politiques et au Parlement de se prononcer, tous les cinq ans, sur ces grandes orientations. La discussion annuelle du PLFSS devra tenir compte des trajectoires d’investissements inscrites au sein de la loi de programmation.

Les leviers de la réussite

  • Co-construire la loi de programmation avec les acteurs de santé pour permettre l’adhésion ;
  • Mettre en place une gouvernance stable et des outils de suivi ;
  • S’appuyer sur des données fiables, transparentes et partagées.

 UN EURO DÉPENSÉ, UN EURO UTILE POUR LA SANTÉ

Notre solution pour une juste utilisation des deniers publics au bénéfice
du patient et du système de santé

PROPOSITION #02

Evaluer chaque euro dépensé dans le système de santé à l’aune du service rendu, des activités et missions réalisées

Le constat

La France dépense toujours plus pour son système de santé. L’Objectif national de dépenses d’Assurance Maladie « établissements de santé » a évolué de 33,65 % (+28,4 milliards d’euros) entre 2020 et 2026. Pourtant, le système de santé n’a jamais été autant sous tension.

Si rien ne change, les déficits continueront de se creuser, l’accès aux soins de se dégrader et les moyens de se disperser sans amélioration réelle pour les patients.

La situation dégradée des comptes publics exige de passer d’un financement des structures à un financement des activités et missions réalisées et du service rendu. A titre d’exemple, les activités de soins médicaux et de réadaptation que les établissements de santé privés réalisent dans les mêmes conditions que les établissements publics se voient reconnaitre un tarif 80% inférieur. Cet écart tarifaire, qui ne peut avoir aucune justification, pénalise les parcours de soins et l’efficience du système. Cette logique n’est plus soutenable.

 Notre proposition

Evaluons les organisations et chaque euro dépensé dans le système de santé à l’aune du service rendu au patient, des activités réellement réalisées et des résultats obtenus.

Dans cette perspective, le développement des indicateurs de résultats rapportés par les patients (PROMs) constitue un levier essentiel pour mesurer concrètement l’impact des prises en charge sur la qualité de vie, l’état de santé et la satisfaction des patients. Leur intégration dans les mécanismes d’évaluation et de financement permettrait d’orienter plus finement les ressources vers les pratiques les plus pertinentes. Cette transformation doit améliorer durablement l’accès aux soins, renforcer la soutenabilité du système de santé et mieux utiliser l’argent public.

Dans ce contexte, il est également indispensable de diversifier les modèles de financement des établissements de santé afin de maintenir une offre de soins de qualité, d’investir dans l’innovation et d’adapter leurs organisations aux besoins des patients. Cela suppose de faire émerger un modèle de financement renouvelé, intégrant des prestations, des services et des parcours de soins aujourd’hui insuffisamment couverts, notamment en dehors du champ de l’Assurance Maladie obligatoire.

La preuve par l’exemple

Plus de 3,6 milliards d’euros de financement ont été alloués à des établissements de SMR et de psychiatrie sans activité en regard, la dotation populationnelle étant définie sur la base de lits déclarés et non d’activité. La simple redistribution des moyens alloués à des structures sans activité vers les activités réalisées permettrait de retrouver les marges de manœuvre nécessaires, dans un cadre d’évaluation et de transparence. Le secteur de l’hospitalisation privée représente 35% de l’activité hospitalière tout en ne « consommant » que 17% de l’argent public alloué aux établissements de santé. Par un financement à l’activité, un lit d’hospitalisation vide ne coûte rien à l’Assurance Maladie.

Documents à l’appui

Rapport IGAS d’octobre 2024 : La prise en compte des preuves scientifiques dans les actions de prévention et promotion de la santé

Dès lors que l’on se situe dans un contexte de ressources limitées, le fait qu’une action soit efficace ne suffit pas à justifier sa mise en œuvre. Il convient aussi d’établir qu’elle est efficiente, soit que le rapport entre les ressources engagées et les résultats obtenus est favorable.

Une étude économique réalisée par le cabinet Roland Berger en 2025 caractérise le différentiel de tarifs entre secteur privé et secteur public pour les soins médicaux et de réadaptation, passant de 40% à 80% entre 2022 et 2024 à missions identiques.

Les leviers de la réussite

  • Evaluer chaque euro dépensé à l’aune des missions réalisées ;
  • Renforcer la transparence et l’équité des financements alloués aux acteurs de santé, en remédiant notamment à l’opacité du Fonds d’intervention régional (FIR) ;
  • Redistribuer les moyens financiers en se fondant sur le service rendu ;
  • Réduire les écarts de financement injustifiés entre établissements exerçant les mêmes missions ;
  • Reconnaitre une Assurance Maladie « acheteuse de soins » selon des critères d’efficience ;
  • Augmenter le financement à la qualité en y intégrant des indicateurs de qualité et de résultats rapportés par les patients ;
  • Créer des marges de manœuvre nouvelles pour les établissements de santé en soutien à leur contribution aux objectifs de santé publique (mise en place de forfaits : ambulatoire, prévention, innovation…).

LA SANTÉ, UN ENJEU TRANSVERSAL A TOUTES LES POLITIQUES

Notre solution pour construire un espace de dialogue prospectif entre l’Etat, les financeurs, les acteurs de santé, les industriels de santé et les organisations syndicales 

PROPOSITION #03

Créer un Comité stratégique de filière « Santé et Grand Âge »

Le constat

Le système de santé français souffre d’un défaut majeur : personne ne le pilote réellement dans la durée. Il n’existe aujourd’hui aucun espace structuré permettant à l’ensemble des acteurs de construire ensemble une stratégie commune pour répondre aux défis sanitaires, démographiques, technologiques et économiques des prochaines décennies.

Pourtant, le vieillissement de la population, l’explosion des maladies chroniques, les tensions sur les ressources humaines et les enjeux de souveraineté sanitaire imposent une vision de long terme.

Si rien ne change, la France continuera à subir les crises au lieu de les anticiper.

 Notre proposition

Dotons le pays d’une véritable stratégie de filière en santé.

La création d’un Comité stratégique de filière Santé et Grand Âge permettra de structurer un espace de dialogue multipartite, réunissant pouvoirs publics, financeurs, offreurs de soins, industriels et organisations syndicales.

Ce Comité viendra faciliter l’accélération de l’innovation et des projets collectifs en définissant contractuellement les modalités d’accompagnement. Il contribuera également à une meilleure anticipation des besoins, en construisant des feuilles de route sectorielles et en offrant une vision stratégique partagée à moyen et long terme.

Sur le plan économique et industriel, le Comité stratégique de filière aura vocation à renforcer la compétitivité de la filière, l’attractivité du territoire, le développement d’une offre sanitaire et médico-sociale robuste. Il définira une stratégie de filière relative à l’emploi, aux compétences et aux métiers.

Enfin, il aura un impact direct sur la transformation du système de santé, en améliorant l’accès à l’innovation, la coopération des acteurs, la qualité des soins et l’efficience.

La preuve par l’exemple

La France dispose déjà de Comités stratégiques de filière dans le cadre du Conseil national de l’industrie. En santé, le CSF « Industries et technologies de santé » réunit l’État, les acteurs industriels et les organisations syndicales autour d’un contrat de filière traitant de souveraineté, d’innovation, d’emplois et de compétences. Notre proposition consiste à étendre cette logique de gouvernance stratégique et contractuelle aux offreurs de santé, afin d’organiser dans la durée le dialogue entre l’État, les financeurs, les acteurs de santé, les industriels et les représentants des salariés.

Documents à l’appui

Rapport du CSIS et du CSF de juillet 2013 : Industries et technologies de santé – Mesures stratégiques pour une industrie responsable, innovante et compétitive contribuant au progrès thérapeutique, à la sécurité sanitaire, à l’économie nationale et à l’emploi en France.

Ce rapport met en évidence le rôle des Comités stratégiques de filière comme espaces structurés de concertation et de dialogue multipartite, dans un cadre formalisé entre l’État, les industriels et les autres parties prenantes. Il insiste également sur l’importance de renforcer la coopération entre les acteurs publics et privés , affirmant ainsi la fonction d’interface des Comités stratégiques de filière dans la gouvernance de la filière. Cette dynamique de dialogue s’inscrit dans une perspective stratégique partagée, visant à  identifier de façon convergente (…) les enjeux clés de la filière et les engagements réciproques de l’État et des industriels.

Les leviers de la réussite

  • Etapes de préfiguration de ce Comité stratégique de filière :
  • Définir clairement le périmètre de la filière « Santé et Grand Âge » ;
  • Réunir l’ensemble des parties prenantes dans une gouvernance équilibrée ;
  • Identifier les enjeux prioritaires communs ;
  • Elaborer une vision prospective pluri-annuelle partagée ;
  • Rédiger un contrat stratégique de filière : engagements réciproques, feuille de route et calendrier.

Accélérer la transformation écologique de notre système de santé

Notre solution pour garantir la continuité des soins face aux risques environnementaux 

PROPOSITION #04

Faire de l’adaptation au changement climatique une priorité stratégique du système de santé

Le constat

Les épisodes climatiques extrêmes illustrent la vulnérabilité croissante de notre système de santé. Canicules, inondations, incendies, sécheresses, dégradation de la qualité de l’air ou émergence de nouvelles maladies vectorielles : les effets du changement climatique constituent désormais un défi majeur pour notre système de santé.

Les établissements de santé sont en première ligne. Ils doivent faire face à une augmentation des passages aux urgences lors de ces épisodes climatiques extrêmes, assurer la continuité des soins malgré des infrastructures parfois vulnérables, protéger les patients fragiles et préserver les conditions de travail des professionnels qui exercent en leur sein. Notre système de santé n’est pas suffisamment préparé. Les investissements demeurent dispersés, les stratégies d’adaptation inégales selon les territoires et les établissements de santé ne disposent pas toujours des moyens nécessaires pour anticiper ces nouveaux risques.

Ne pas agir aujourd’hui, c’est exposer demain notre système de santé à des ruptures de prise en charge, à une augmentation des dépenses évitables et à une perte de résilience face aux crises sanitaires.

 Notre proposition

Engageons un véritable plan national d’adaptation du système de santé au changement climatique. Ce plan devra faire de la résilience climatique un objectif structurant de la politique de santé en accompagnant les établissements de santé dans la modernisation de leurs infrastructures, la sécurisation de leurs approvisionnements critiques, l’adaptation de leurs organisations et la protection des patients comme des professionnels.

Il devra également intégrer pleinement les enjeux climatiques dans la planification sanitaire, les projets régionaux de santé et les investissements hospitaliers afin que chaque territoire puisse anticiper les risques auxquels il est confronté. L’adaptation au changement climatique et la décarbonation doivent devenir un axe obligatoire et financé de la loi de programmation en santé dont nous appelons de nos vœux, au même titre que les priorités de santé publique et la trajectoire des moyens humains et financiers.

Il s’agit de transformer un risque budgétaire et sanitaire non anticipé en trajectoire pilotée, finançable et évaluable – exactement ce que permet une loi de programmation pluriannuelle. Adapter notre système de santé aux effets du changement climatique, c’est préserver durablement la soutenabilité de notre modèle de santé.

La preuve par l’exemple

À l’international, plusieurs pays ont engagé des programmes d’adaptation des établissements de santé afin de renforcer leur résilience face aux événements climatiques. Ces investissements permettent de limiter les interruptions d’activité, de mieux protéger les patients et de réduire les coûts associés aux crises sanitaires. Le Royaume-Uni a montré la voie dès 2020 avec la stratégie « Delivering a Net Zero National Health Service » : le NHS estime que son système de santé est responsable d’environ 4% des émissions de CO2 du pays, un chiffre deux fois inférieur à celui de la France, preuve qu’une trajectoire pilotée produit des résultats.

Documents à l’appui

Le Haut Conseil pour le Climat, dans son rapport « Agir en cohérence avec les ambitions » (2024), appelle à renforcer l’adaptation du système de santé aux conséquences du changement climatique. Il souligne la nécessité d’investir dans des infrastructures plus résilientes, de mieux préparer les établissements de santé aux événements climatiques extrêmes et d’anticiper leurs impacts sanitaires afin de garantir la continuité des prises en charge. Les bilans des impacts sanitaires des canicules, publiés par Santé publique France sont sans appel. La première estimation de l’impact sanitaire de la canicule du 17 juin au 2 juillet 2026 fait état d’au moins 5 764 décès en excès toutes causes confondues, soit une hausse de plus de 36 % de la mortalité attendue. Cet excès est observé dans toutes les classes d’âge, à l’exception des moins de 15 ans, et est particulièrement marqué dans les régions les plus exposées aux fortes chaleurs. Au total, 92 départements, représentant 98,5 % de la population hexagonale, ont été concernés par cet épisode.

Les leviers de la réussite

  • Adosser un volet climat-santé à une loi de programmation en santé pour lui donner une portée pluriannuelle et opposable ;
  • Intégrer systématiquement les risques climatiques dans la planification sanitaire nationale et régionale ;
  • Lancer un grand plan de rénovation thermique et énergétique des bâtiments hospitaliers ;
  • Accompagner les établissements de santé dans l’élaboration de plans d’adaptation aux risques climatiques ;
  • Développer des indicateurs nationaux de suivi de la résilience du système de santé ;
  • Consolider des études sur l’impact des températures extrêmes sur la santé physique et psychique et renforcer les actions de prévention, notamment auprès des populations les plus vulnérables.